Musée de Cruzy - A.C.A.P

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LES POTIERS DE CRUZY

à l’époque moderne

 

CRUZY fut un village potier pendant près de 300 ans !

Entre 1614 et 1872, 36 potiers ont travaillé à Cruzy

dont 11 potiers entre 1795 et 1796 (7 en 1786).

 

  ACTE-MAITRE-POTIER      

 

Extrait d’un texte faisant référence, à « Jean Serez Maitre potie de terre » en 1718 à Cruzy (A.D.34 : 10B)

 

FAMILLES concernées habitant à Cruzy

-une famille BASTIDE (4 potiers), -deux familles SERES (8 potiers), -trois familles TREGI (15 potiers)

ainsi que la famille ARVIEU,

D’autres familles ont travaillé à CRUZY mais on ignore leur lieu d’habitation (CAPDENAC, CAPEL, CASSAN et GAU).

 

LE METIER est transmis de père en fils. (22 sont fils de potiers).

Par testament les pères désignent de préférence comme héritier universel le fils ainé

La dévolution est aussi manifeste dans certains contrats de mariage par la dotation d’outils.


* Jean Trégi reçoit le 13 juin 1694 tous les biens de ses parents, y compris la boutique et les outils : bien entendu il doit reverser à ses frères une compensation en argent

* Joseph Serès est doté par son père de la moitié des biens de ce dernier, y compris la moitié du four servant pour la poterie.

Cette pratique n’est pas exclusive aux potiers et se rencontre également chez d’autres artisans.

 

25% de l’effectif est constitué par des « étrangers » au village mais ayant parfois des attaches au village parmi les gens du métier :

-         Pierre Cassan, Pierre Gibergues, les 2 Jean-Pierre Trégi (originaires de Cazouls les Béziers)

-         Jean Giby vient d’Ambert d’Auvergne, et travaille à Mirepeisset,

-         Jacques GAU vient de Castres

-         Jean Roche est originaire de Montpellier

-         quant à l’italien itinérant Francesco Boesina, il initiait à la majolique les potiers qui voulaient bien l’accueillir.

mais la majorité des étrangers était originaire de Cazouls et de Béziers, plus particulièrement de la paroisse St Aphrodise, quartier où étaient regroupés les potiers de cette ville et rassemblés en confrérie artisanale portant dévotion aux Saintes Juste et Rufine°.

 

L’APPRENTI

Peu de contrats d’apprentissage du fait de la transmission familiale

 

LE GARCON POTIER

le terme compagnon n’est pas utilisé par les greffiers de Cruzy qui emploient le mot garçon ;

tous sont mineurs au jour de leur qualification et servent un maître (membre de la famille ou non,

comme Jean Bastide qui avait servi son frère avant de s’installer à Cruzy).

 

LE MAÎTRE

18 des potiers ayant exercé leur métier sous l’ancien régime ont été qualifiés de  « maître ».

 

LA TECHNIQUE

LA TERRE

 

      Elle est extraite dans des fonds appartenant aux potiers ou à leur famille.

      La matière minérale extraite était mise en meule . On transportait l’argile dans une paliasse (corbeille de boudins de paille liés par des rubans de ronces).

 

Les terrains argileux aux lieux-dits sont situés à moins de 2 kms du village

    BURIO et LES FANGADES (argile beige clair) ressemblent aux pièces trouvées     GOUYRAS et LES CARRIERES (argile rouge) utilisée pour les tuiles, briques, pavés

 

L’analyse chimique et pétrographique a été faite en 2009

 

L’argile est utilisée avec un dégraissant (ou chamotte) composé de quartz, ou de briques pilées ou de coquilles mélangées à la terre.

 

Dans la production locale attribuée à Cruzy :

     91,4% des pièces sont tournées (tour de potier)

     0,3% des pièces sont moulées (utilisation d’un moule) (ex. pour oreilles d’écuelle, bénitiers…)

ü     6,4% des pièces sont modelées à la main (ex. anses)

 

LES DECORS

sont le plus souvent à l’engobe (argile de couleur différente, plus diluée).

les engobes mêlés sont bien connus au XVIIe siècle dans le midi méditerranéen.

 

LA CUISSON

se fait en atmosphère oxydante, les pièces ont une couverte (substance dont on enduit la surface pour la rendre imperméable)

 

L’ATELIER

 

Le compoix (cadastre rudimentaire) de 1786 a permis le repérage de 7 ateliers dans le village. (voir plan cadastral sur la porte du musée)

Les potiers possèdent une maison sur le lieu de leur travail et demeurent sur place.

Chaque atelier comprend un four, un ou plusieurs espaces libres, basse-cour, ciel ouvert et un jardin ; parfois des annexes couvertes telles que boutique, pigeonnier ou écurie.

Les besoins en eau, tant domestiques que professionnels, étaient assurés dans quatre cas par un puits.

 

 

LES OUTILS

 

L'atelier de façonnage est toujours situé au rez-de-chaussée ;

le ou les tours sont près de la fenêtre pour la lumière ce qui permet de travailler à plusieurs,

-        les tours dits «virols»

-        le tour à bâton, appelé «roue»

-        ainsi que de nombreux petits outils.

 

LA PRODUCTION   (visible dans les vitrines du musée)

 

pour la maison

-          assiettes de terre ouvrée, cruches, pots de terre, etc…

pour la construction

-          tuiles, pavés ou maons, tuyaux ou bourneaux de plusieurs calibres, fontaines, etc…

 

De la majolique(*) fut produite à Cruzy en 1615 à la suite du passage de Francesco Boesina.

De toutes les couleurs : fin blanc, blanc commun, ja(u)nelin, bleu jaffre (safre ou cobalt)

 

Au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle, de la faïence fut encore fabriquée par Jean Gau, mais marque la fin de la production à Cruzy.

 

CONCLUSION

 

La grande diversité de ce corpus céramiques, très représentatif d’un XVIIe siècle languedocien-roussillonnais, ainsi que la spécificité de certaines formes ‘arrosoir, grand plat ovale, boîtes à épices, mortiers…) font de ce puits un exceptionnel gisement d’informations.

 

 

(*)      Majolique : poterie en terre recouverte d’étain ou émaillée et richement décorée produite en Italie du XVe au XVIIIe siècle. Ce mot est dérivé de Majorca, île sur laquelle la poterie mordorée mauresque était embarquée verts l’Italie. Au cours du XIXe siècle, ce mot fut utilisé pour décrire la poterie en terre façonnée, dont les formes en relief sont décorées avec des vernis colorés

 

REFERENCES :

 

Jean-Louis VAYSSETTES 5            archéologue                   « notes sur un village de potier – CRUZY 1988 »

Edith VILLANUEVA                                                             « archéologie du midi médiéval –tome 26 – 2008 »

CLUB DE GENEALOGIE DE CRUZY