Musée de Cruzy - A.C.A.P

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UNE VERTEBRE CONFORTE L’EXISTENCE DE
L’OISEAU GARGANTUA
Jeudi, 12 Juillet 2012
 

 

Des oiseaux géants cohabitaient-ils avec les dinosaures ?
Telle est la question restée en suspens depuis la découverte en Provence, en 1995, d'un fragment de sacrum, puis d'un bassin et d'un fémur en 1998 dans le Languedoc.
La découverte récente dans l'Hérault, dans le cadre du programme INTERREVIE de l'INSU du CNRS, d'une vertèbre cervicale lève donc le doute.  

 

Gargantuavis 
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On a longtemps pensé que des oiseaux de très grande taille, incapables de voler, n’étaient apparus qu’après la disparition des dinosaures, à la fin du Crétacé. Les grands oiseaux terrestres auraient alors pu occuper des niches écologiques laissées vides. En 1995, un morceau de sacrum trouvé dans le Crétacé supérieur de Provence venait pourtant indiquer la présence d’un grand oiseau aux côtés des dinosaures. En 1998, un bassin et un fémur appartenant à un oiseau approchant la taille d’une autruche, provenant de couches du même âge en Languedoc, étaient décrits sous le nom de Gargantuavis philoinos. Depuis, en dépit de fouilles systématiques menées par plusieurs équipes sur divers sites paléontologiques de cette époque tant en Provence qu’en Languedoc, aucun nouveau reste de Gargantuavis n’avait été trouvé. Des doutes avaient alors été émis quant à la véritable nature de cet animal, certains voulant y voir un ptérosaure (reptile volant) géant.

La vertèbre cervicale découverte récemment lors de fouilles menées à Cruzy (Hérault) dans le cadre d’un projet sur les oiseaux géants du programme INTERRVIE de l’INSU confirme l'existence passée de l'animal.

Le fossile provient d’un gisement fossilifère du Crétacé supérieur, remontant à environ 70 millions d’années. Ce site est fouillé depuis plusieurs années en collaboration avec un groupe de chercheurs bénévoles locaux, l’Association Culturelle, Archéologique et Paléontologique de l’Ouest Biterrois.

Il a livré des centaines de restes de vertébrés fossiles, notamment des dinosaures. La nouvelle vertèbre, aux dimensions compatibles avec celles des restes de Gargantuavis déjà connus, appartient indiscutablement à un grand oiseau, d’un type relativement évolué d’après la forme très caractéristique de ses articulations. Celles-ci en effet sont en forme de selle, la face articulaire antérieure étant concave transversalement et convexe de haut en bas, alors que la face postérieure est concave de haut en bas et convexe transversalement. Cela conduit à une articulation complexe typique du cou des oiseaux, bien différente des articulations plus simples visibles chez les dinosaures.

Cette vertèbre indique un animal d’une taille comparable à celle d’un casoar d’Australie et de Nouvelle-Guinée, un des plus grands oiseaux actuels, pouvant atteindre 1,70 m de hauteur. Avec ce nouveau spécimen, l’appartenance de Gargantuavis aux oiseaux se trouve confirmée.

Sur l’île « ibéro-armoricaine » du Crétacé supérieur, qui englobait une grande partie de la péninsule ibérique et de la France, vivaient donc bien parmi les dinosaures des oiseaux de grande taille, dont pour l’instant on ne connaît pas d’équivalents à cette époque dans d’autres régions du monde. L’Europe était alors un archipel, ce qui peut expliquer que, dans un milieu insulaire, se soient développées des formes endémiques comme Gargantuavis.

En dépit de cette nouvelle découverte, beaucoup d’aspects de l’anatomie et de la paléobiologie de Gargantuavis demeurent obscurs, tel son régime alimentaire (le crâne demeure inconnu). Même si cet oiseau est apparemment rare dans les gisements fossilifères actuellement exploités, on peut espérer que la poursuite des fouilles apportera de nouvelles données à son sujet. D’ores et déjà, des ossements découverts très récemment dans le Crétacé supérieur du Var et encore en cours de dégagement paraissent appartenir à Gargantuavis.

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 Contact

Eric Buffetaut, CNRS (UMR 8538), Laboratoire de Géologie de l'Ecole Normale Supérieure

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.     Tél : 01 77 85 24 99   ou   06 24 78 18 40

Source(s)

New evidence of a giant bird from the Late Cretaceous of France. Buffetaut, E 1. & Angst2, D. 2012.  Geological Magazine, doi:10.1017/S001675681200043X

1 - Laboratoire de Géologie de l’Ecole Normale Supérieure, Paris
2 - Laboratoire de géologie de Lyon : Terre, planètes et environnement (TPE)

, proche de la taille d'une autruche, aurait bien existé il y a environ 70 millions d'années. C'est ce qu'indique l'étude publiée par deux chercheurs du Laboratoire de Géologie de l'ENS (ENS Paris/CNRS, Paris) et du Laboratoire de géologie de Lyon : Terre, planètes et environnement (TPE)  (CNRS/Université Lyon 1/ENS de Lyon) dans la revue Geological Magazine.